Santé maternelle – Récapitulation avant le sommet

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Avec la tenue prochaine des sommets du G8 et du G20 en Ontario, les médias accordent une place importante à la santé maternelle et infantile ainsi qu’aux engagements les plus récents que le Canada a pris en vue de faire avancer ces dossiers. Avant le début de ces sommets, le RCSF a cru bon de compiler certains faits importants à prendre en considération et de dresser une liste de suggestions de lecture.

En l’an 2000, l’ensemble des 192 États membres des Nations Unies a adopté les huit objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) visant à améliorer de façon mesurable les conditions de vie des nations les plus pauvres du monde d’ici 2015.

Toutefois, dix ans après l’adoption initiale des OMD, les objectifs 4 et 5, c’est-à-dire améliorer la santé maternelle et réduire la mortalité infantile, semblent, selon plusieurs, accuser le plus grand retard. Pour en savoir davantage sur les progrès réalisés, lisez le rapport Compte à rebours 2015 – Survie de la mère, du nouveau-né et de l’enfant 

 

Pourquoi la santé maternelle et infantile doit-elle constituer une priorité?

« Toutes les minutes, au moins une femme meurt dans le monde des complications de la grossesse ou de l’accouchement – soit un total de 529 000 décès par an. En outre, le nombre de femmes souffrant de lésions, d’infections ou de maladies liées à une grossesse ou à un accouchement est vingt fois supérieur – environ 10 millions de femmes par an. »

Organisation mondiale de la Santé

Dans les régions disposant de bons services médicaux au Canada, la grossesse, l’accouchement et la petite enfance ne semblent être qu’une simple formalité, il n’en demeure pas moins que dans plusieurs pays en développement, ils comportent des risques énormes pour la santé.

Quelques données* :

-         Chaque jour, 1 500 femmes meurent de complications liées à la grossesse ou à l’accouchement;
-         En 2005, il y a eu 536 000 décès maternels dans le monde, selon les estimations;
-         Les décès maternels surviennent dans une proportion de 99 % dans les pays en voie de développement;
-         Au Niger, en raison des complications, une grossesse sur sept risque d’être fatale, alors qu’en Irlande, le risque est de une grossesse sur 48 000;
-         La plupart des décès pourraient être évités.

 * source OMS

Les statistiques indiquent que plusieurs de ces décès maternels sont attribuables à des causes directes comme les hémorragies, les infections et les avortements dans des conditions insalubres. Ces mêmes causes résident dans l’absence de services de planification familiale et de soins accessibles, offerts à coûts raisonnables et de qualité adéquate. Bien qu’ils soient évitables, les décès maternels mettent également la vie des enfants survivants en danger. Selon l’OMS, le million d’enfants qui perdent leur mère chaque année courent dix fois plus de risques de mourir au cours des deux années suivant le décès maternel.

 

Que doit-on faire pour améliorer la situation?

Les pays ont pris l’engagement de réduire de trois quarts le risque de mourir pendant une grossesse ou un accouchement, entre 1990 et 2015. Pourtant, entre 1990 et 2005, la mortalité maternelle n’a connu une baisse que de 5 %. Pour parvenir à cet objectif, il faudra accomplir des progrès plus marqués.

En juillet 2009, les pays du G8 (dont le Canada) ont approuvé un document consensuel dans le but d’entreprendre une « action énergique, ciblée et coordonnée en matière de santé génésique, maternelle, néonatale et infantile. » http://www.who.int/pmnch/topics/maternal/consensus_12_09.pdf

Les chercheurs et les organismes dans le domaine de la santé ont attiré l’attention sur la nécessité de fournir une gamme complète de soins – avant la conception, durant la grossesse, lors de l’accouchement, en période postnatale, à la naissance et pendant l’enfance – pour sauver la vie de femmes et d’enfants et assurer leur santé. Parmi les besoins concrets qui ont été définis, il y a entre autres :

-         la possibilité de planifier les grossesses, c’est-à-dire d’avoir recours à des méthodes modernes de planification familiale et de contraception et de subir un avortement sans risque, là où cette pratique est légale;
-         une nutrition adéquate pour les mères et les enfants durant toutes les étapes de la grossesse;
-         des soins de qualité, y compris durant la période prénatale et postnatale, ainsi que des installations et des services pour les naissances normales et compliquées;
-         suffisamment de professionnels de la santé et d’agents de santé communautaire pour répondre aux besoins des populations;
-         l’élimination des obstacles empêchant d’avoir accès à tous ces services;
-         la progression vers l’atteinte de l’objectif du Millénaire pour le développement 3 – l’égalité des sexes.

Lors d’un récent webinaire du RSCF, Katherine McDonald, directrice générale d’Action Canada pour la population et le développement, a présenté une recherche de l’Institut Guttmacher démontrant le maximum d’avantages que procure l’offre de cette gamme complète de soins sur le plan de la santé et des coûts. Cliquez ici pour écouter l'enregistrement

 

Qui sont les intervenants dans ce dossier?

Le Partenariat pour la santé de la mère, du nouveau-né et de l’enfant est un nouveau partenariat international dans le domaine de la santé qui a vu le jour en septembre 2005 afin d’accélérer la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) 4 et 5.http://www.who.int/pmnch/fr/

Women Deliver est un organisme de pression international qui regroupe des représentants de partout dans le monde en vue de prendre des mesures dans la prévention des décès maternels. Cet organisme a tenu récemment son congrès 2010, au cours duquel le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-Moon et Melinda Gates ont lancé un appel pour que d’importants investissements soient faits en matière de santé des femmes.http://www.womendeliver.org/

Action Canada pour la population et le développement est un organisme de défense des droits de la personne qui s’efforce d’améliorer la qualité de vie des femmes, des hommes et des enfants en faisant la promotion de politiques progressistes dans le domaine du développement international, tout en mettant d’abord l’accent sur la santé et les droits en matière de reproduction et de sexualité, et en accordant de plus en plus d’importance à la migration internationale et au développement. http://www.acpd.ca/

Le programme international pour la santé des femmes (PISF) de la Société des obstétriciens et gynécologues du Canada a recours à une approche axée sur les droits pour promouvoir la santé et les droits en matière de santé sexuelle et génésique, notamment la maternité sans risque et la santé des nouveau-nés. http://iwhp.sogc.org/index.php?page=home&hl=fr_FR

 

Pour en savoir davantage

Pour connaître l’état actuel de la santé maternelle et infantile, les progrès qui ont été réalisés et les besoins qui restent à combler, nous vous suggérons de consulter les ressources suivantes :

ONU – Section sur la santé maternelle

ONU – Section sur la santé de l’enfant

Compte à rebours 2015 – Survie de la mère, du nouveau-né et de l’enfant (résumé)

Les femmes et la santé – La réalité d’aujourd’hui, le programme de demain

« Maternal mortality for 181 countries, 1980—2008: a systematic analysis of progress towards Millennium Development Goal 5 » (en anglais)