Traditionnellement, les politiques et la formation sur l'intervention en
cas d'incident chimique, biologique, radiologique ou nucléaire (CBRN)
ne s'adressent pas aux travailleurs de la santé. La nécessité d'inclure
cette « population oubliée » dans les plans de préparation
aux situations d'urgence CBRN a ressurgi lors d’attaques terroristes, telles
l’attentat au World Trade Center aux États-Unis et les catastrophes
naturelles comme l'épidémie du syndrome respiratoire aigü sévère
(SRAS) au Canada.
S'inspirant de l'épidémie de SRAS de 2003, cette étude traitera de la capacité d'intervention et d'adaptation et de l'état de préparation opérationnelle des travailleurs de la santé de première ligne face à des situations d'urgence. On utilisera ces connaissances pour déterminer les lacunes et formuler des recommandations avec l’objectif d’améliorer les mécanismes d'appui.
Ce projet quadriennal se divise en quatre éléments progressifs (modules) fondés sur les connaissances acquises et les documents élaborés au cours de modules précédents. Le premier module comprend une révision importante de la documentation existante dans trois secteurs distincts : les mécanismes d'appui pour les travailleurs de la santé en tant que premiers intervenants, les répercussions sur les travailleurs de la santé comme premiers intervenants lors de l'épidémie du SRAS – et face à d'autres agents biologiques aérogènes non définis – et les mécanismes pour l'adoption de moyens de communication et de meilleures pratiques organisationnelles. On produira un document comprenant un résumé de chacun de ces sujets, synthèse qui servira de source d'information aux décideurs.
Le second module consiste en l'administration d'un sondage parmi les travailleurs de la santé, en particulier les infirmières et infirmiers militaires et civils, ainsi que les adjoints au médecin dans le domaine militaire. Le sondage traitera principalement des répercussions sur la famille et la santé chez les premiers intervenants en raison de leur participation réelle ou potentielle, ou comme intervenants de première ligne lors d'épidémies d'agents biologiques aérogènes infectieux.
Le troisième module porte sur l'identification, l'évaluation des risques et l'analyse des mécanismes d’appui au personnel hospitalier lors de l'éclosion d'une maladie infectieuse. Il comprend une évaluation des plans d'urgence dans trois hôpitaux candidats en cas d'éclosion d'une maladie infectieuse et des entrevues de membres d'équipes d'urgence, qui servira à déceler les lacunes dans les mécanismes d'appui aux travailleurs de la santé de première ligne.
Les résultats de l'analyse des lacunes dans les plans d'urgence des hôpitaux et des entrevues de groupe seront combinés avec ceux du sondage du deuxième module. Ils seront regroupés dans un rapport qui présentera un cadre de gestion du risque pour la planification d'urgence en matière de santé publique dans les cas d'éclosions de maladies infectieuses. Un rapport supplémentaire examinera aussi les politiques de gestion du personnel et les conflits travail/famille, d'un point de vue qui tient compte de la différence entre les sexes.
Le dernier module se concentre sur la diffusion et le transfert des connaissances aux destinataires des politiques. L'équipe de projet sera l'hôte d'un atelier sur les politiques qui permettra de discuter des résultats de l'étude, de les interpréter, d’en noter les répercussions et de formuler des recommandations. Les délibérations de l'atelier seront regroupées dans un document de travail. Les recommandations sur la communication des risques, ressorties au cours de l'atelier des politiques, seront élaborées dans un document qui visera à influencer et à définir les politiques en matière de santé publique en cas d'éclosion d'une maladie infectieuse (menace CBRN).
L'équipe multidisciplinaire de chercheurs et de partenaires d'organismes gouvernementaux et non gouvernementaux (ONG) du projet est composée des représentants des organismes qui suivent : l'Université d'Ottawa; Santé Canada; le ministère de la Défense nationale; le Réseau canadien pour la santé des femmes; GPI Atlantic, le Scarborough General Hospital; les Infirmières de l'Ordre de Victoria du Canada; l'Institut de recherche Elizabeth Bruyère; le ministère de la Sécurité communautaire et des Services correctionnels de l'Ontario; l'Université de Toronto; le Centre d'excellence de la Colombie-Britannique pour la santé des femmes et la Fédération canadienne des syndicats d'infirmières et infirmiers.
Pour obtenir des renseignements supplémentaires sur ce projet, veuillez prendre contact avec l'enquêteuse scientifique responsable, Carol Amaratunga, Ph. D., Unité de recherche sur la santé des femmes, Institut de recherche sur la santé des populations, Université d'Ottawa (carol.amaratunga@uottawa.ca), ou la gestionnaire de projet, Tracey O'Sullivan, Ph. D. ( tosulliv@uottawa.ca).

