Le 22 février dernier, parlementaires et spécialistes en santé des
femmes se réunissaient sur la Colline du Parlement à l'occasion
de la Première Table ronde et réception nationale pour la santé des
femmes. Organisé par le Réseau canadien pour la santé des
femmes (RCSF), cet événement visait à souligner le rôle
que jouent les parlementaires à titre « d'ambassadeurs
et d'ambassadrices de la santé » auprès des collectivités
canadiennes.
Près de 50 personnes, dont des militantes pour la santé,
des chercheuses et des représentantes et représentants de plusieurs
secteurs de la santé, du RCSF et des Centres d'excellence pour la
santé des femmes, ont convergé vers Ottawa pour mettre en commun
leurs connaissances et discuter des moyens à prendre pour appuyer le travail
des parlementaires. On a également profité de l'occasion
pour expliquer aux décisionnaires en quoi la santé des femmes était
un facteur essentiel pour le bien-être de la nation.
Les questions touchant la santé des femmes nous concernent tous, quelle
que soit notre allégeance politique. Des représentantes et des
représentants de tous les partis à la Chambre des communes et plusieurs
sénateurs étaient présents lors de cette journée.
Tous ont clairement manifesté leur engagement envers la nécessité d'améliorer
la santé des filles et des femmes au Canada.
Le moment fort de la journée aura certainement été la
table ronde sur les nouveaux enjeux touchant la santé des femmes en cette
deuxième moitié de décennie (2005-2010), animée conjointement
par la sénatrice Maria Chaput (Manitoba) et la D re Abby Lipman (co-présidente
du RCSF et professeure d'épidémiologie à l'Université McGill).
Y ont participé, notamment, l'honorable Carolyn Bennett, ministre
d'État à la Santé publique, la sénatrice
Lucie Pépin, membre du comité sénatorial sur les affaires
sociales, la science et la technologie, Bonnie Brown, députée et présidente
du Comité permanent de la santé, Nicole Demers, députée
du Bloc Québécois, Anita Neville, députée et présidente
du comité permanent sur la condition féminine, Jean Crowder, critique
du NPD en matière de santé et Steven Fletcher, critique du Parti
conservateur en matière de santé. L'honorable Liza Frulla, ministre
de la Condition féminine, avait rédigé pour l'occasion
un commentaire qui a été lu devant l'assemblée.
Un point essentiel est ressorti de cette discussion : parlementaires
et spécialistes en santé des femmes doivent se consulter pour que
les premiers restent au fait des enjeux et que tous collaborent à l'avancement
des dossiers. Les conférenciers et conférencières ont souligné combien
le travail accompli par les spécialistes leur était utile :
il leur permet notamment d'empêcher que les dossiers ne soient égarés
dans le dédale administratif et de veiller à que l'on suive
les retombées des différents programmes sur la santé. Presque
tous ont reconnu que la santé des femmes ne pouvait être envisagée
qu'à la lumière de déterminants de la santé comme
le sexe, la pauvreté, la violence, le vieillissement, l'origine
raciale et la culture, et qu'il y a avait lieu d'axer les politiques
sur ces préoccupations.
Parmi les sujets d'actualité abordés, on note le besoin
de créer de toute urgence un organisme de réglementation des techniques
de reproduction assistée, la nécessité d'assurer la
sûreté des produits pharmaceutiques, le manque de ressources destinées
aux soins à domicile et à la santé mentale et les besoins
des femmes autochtones en matière de santé – notamment la
nécessité de former des Autochtones dans les différentes
professions de la santé. Certains délégués ont également
fait valoir qu'il y a avait lieu pour tous les ministères de réviser
leurs politiques à la lumière d'une analyse comparative entre
les sexes.
Pour plusieurs, le gouvernement doit dorénavant fonder les décisions
prises en matière de politiques sur des « preuves scientifiques » et
faire à la collaboration des citoyens et des citoyennes pour favoriser
une approche concertée sur toutes ces questions.
Après la table ronde, une réception était organisée
pour donner à tous et à toutes l'occasion de poursuivre les
discussions de manière informelle, d'établir des contacts
et d'approfondir certains sujets avec les décisionnaires présents.
À l'issue de la rencontre, le RCSF a reçu des commentaires
très favorables de la part de tous les participants. Les responsables
entendent répéter l'expérience l'an prochain,
espérant ainsi maintenir la santé des femmes au cœur des
préoccupations en matière de santé.
Le RCSF regroupe des individus et des organismes de partout au Canada, unis
par une même cause : la santé est un droit fondamental, mais
qui est nié à de nombreuses femmes en raison de facteurs comme
la pauvreté, les motifs politiques et la diminution des ressources en
matière de santé et de services sociaux. Le RCSF a pour mission
d'améliorer la santé des femmes au Canada en facilitant l'échange
d'information et en consolidant des liens à l'échelle
régionale et nationale entre organismes et individus préoccupés
par ces questions.
www.cwhn.ca ou 1 888 818-9172.
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